Vidéo futur et la Fnac, une même cible mais deux stratégies

Le numérique a l’air d’avoir tué bon nombre de choses. Amazon truste ainsi les ventes physiques des libraires et le piratage amoindrie les ventes de films en DVD. Sauf que si la première assertion peut de défendre – article un jour à venir – la seconde beaucoup moins. De nombreux exemples permettent de corroborer la chose. À commencer par ceux de la Fnac et de Vidéo futur. Leur point commun ? Les deux entreprises arrivent tard sur deux marchés déjà bien occupés par d’autres acteurs. Leurs différences ? Le premier a toutes les chances de réussir et a un bon timing alors que le second – on espère pour lui que ça va marcher – a tardé à communiquer.

La FNAC surfe sur le streaming

La FNAC propose depuis peu Fnac Jukebox, un abonnement du type Deezer ou Spotify, aux ménagères et bons pères de famille. Malin puisque l’enseigne en sérieuse perte de vitesse et obligée de vendre des aspirateurs dans ses rayons jusqu’alors dévolus aux produits culturels est en train de se servir de sa base de fidèles acheteurs – en magasin ou via Internet – pour développer une activité dérivée directement de ce qu’elle vend.

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Deux types d’abonnements sont proposés et ce à des prix similaires a ceux du marché : l’un simple est à 2 euros pour 200 titres et l’autre grimpe à 4,99 euros pour de l’illimité. Un ajout de 5 euros est nécessaire pour pouvoir apprécier la mobilité. Classique en terme de prix donc. Non seulement elle ne souhaite pas casser les prix déjà bas des concurrents (une poignée d’euros associés a un forfait téléphonique chez Orange par exemple) mais en plus elle arrive tard. De loin ça ressemble a un double handicap duquel on pourrait rire. Sauf que parmi la population combien de non abonnés à de la musique en streaming connaissent Deezer ? Et combien connaissent la FNAC ? La cible de l’enseigne n’est vraisemblablement pas la même. Certes elle arrive tard, mais sur le marché il lui reste a conquérir les non-initiés. Et c’est ici que c’est « malin » Le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) chiffre le marché français à 35,8 millions d’euros et – seulement ! – un million d’abonnés streaming. La Fnac avec ses « quelques 3,5 millions de personnes qui possèdent une carte Fnac, qui sont des clients réguliers de l’enseigne, dont les goûts musicaux sont parfaitement connus, représentent une cible toute trouvée pour cette offre » à de quoi voir venir.

Retard à l’allumage pour Vidéo futur

Autre configuration pour Vidéo futur qui semblait pourtant détenir une solution pour convertir ses abonnés ou initiés physiques en numérique : la même stratégie que la Fnac mais version DVD. Présent dans de nombreuses villes et petites villes, Vidéo futur est une enseigne qu’on aurait tort de sous-estimer en tant que marque. Pourtant un certain nombre de points de vente physique (sur les 400 en 2002ont fermé les uns après les autres. 497588307_9f4e7e4ea7_z Depuis 2009, Vidéo futur semblait proposer un catalogue de streaming et location de vidéo en ligne mais a souhaité sortir une box – putain de bonne idée ! – au moment où Netflix parle de débarquer vraiment (en dehors de rumeurs qui circulaient depuis un moment) sur le territoire national. Une réaction à ou une simple coïncidence ? On ne le saura jamais. Pour autant, la trace de l’offre – solide – de Vidéo future remonte à juin 2011 : le Pass Duo à 6,99 euros par mois proposait de la VOD et aux DVD à la location (une enveloppe affranchie suffisait à retourner le DVD). En somme Netflix en France il y a trois ans.

Nombreux sont ceux qui pourtant dans la cible ont l’air d’avoir appris l’existence de cette offre longtemps après sa mise en service. Mauvaise communication ? Technique pas au point ? Volonté d’attendre le « bon moment mais on sait pas encore lequel » ?

On espère que ceux qui dans les petites villes étaient familiers du Video futur du dimanche soir seront plus sensibles à Vidéo futur qu’à Netflix, à catalogue et service identique. Ou ils se seront vraiment plantés et ce malgré leur changement de slogan : en 2013, « N’attendez pas que ça passe à la télé !  » est devenu « Toute la presse en parle ». On espère.

(contacté, Vidéo Futur n’a pas encore répondu)

Illustration Paternité Certains droits réservés par mikebaird et Michael Dawes

Internet, ce sacré couteau suisse

Il y a peu de temps l’Internaute – l’utilisateur d’Internet donc – pouvait lire que « notre mai-68 numérique » était devenu « un grille-pain fasciste ». Internet, en dehors d’être la tartine au milieu du grille-pain ou le grille-pain lui-même, #quandjaicompris, est aussi une sorte de gigantesque couteau suisse multifonctions. Or, il s’avère que selon l’endroit où l’on se trouve le couteau suisse n’a pas les mêmes fonctions et, pire, quand vous voyagez au sein même de l’Union européenne, le tire-bouchon peut ne plus fonctionner tout court. Parce que vous avez dépassé les frontières légales de l’utilisation de votre couteau suisse. Retirons à ça quelques fonctions non ternies par les frontières, à savoir votre boite mail Gmail ou Yahoo entre autres et les réseaux tels que Facebook, Twitter etc. Qui malgré le mercantile de la chose, restent la lime à ongle ou le cure-dent dudit couteau.

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La plupart du temps, vous ne vous rendez pas compte que les frontières rendent certaines fonctions de votre couteau suisse inutilisable. C’est en étant amené à vadrouiller hors des frontières physiques qu’on se rend compte que oui, Internet a aussi des frontières DIGITALO-NUMÉRIQUES.

Clips partout, argent nulle part !

Quelles fonctions a ce couteau suisse ? Il vous permet de faire des recherches d’itinéraires piétons ou métro ou bus. Il vous permet de communiquer avec vos proches quand ils sont loin. Il vous permet aussi d’acheter sur Le bon coin un téléphone portable quand le votre vient de rendre l’âme. Aussi, il vous permet de vous distraire. En somme il vous facilite quelque peu la vie.

Imaginons. Vous passez quelques temps à la frontière française. Prenons la Belgique. Vous voulez regarder un super clip qu’un de vos amis vous a pingué sur Twitter (pour ma mère : un copain m’a envoyé un lien qui, quand on clique dessus, m’amène à un morceau de musique sur Youtube). Vous avez Y chances sur X = Z, Z étant la probabilité, de tomber sur un clip non géo-bloqué. Soit si Y = 1 et X 3, Z=0,33. En restant simple, une chance sur trois de pouvoir lire le lien. Sauf que votre outil n’est pas configuré par vous-même mais par des ayants droit d’ayants droit.

Vous ne déterminez jamais tout seul votre chance de pouvoir ouvrir cette bouteille avec ce tire-bouchon du couteau suisse. Déçu vous êtes obligé de mettre un marque page sur merveilleux clip pour penser à y revenir au moment de votre retour en France. Certains trouveront ça normal. D’autres pas. Ces « d’autres pas » ont trouvé des moyens de contourner les frontières de votre couteau suisse. On peut connaitre les ficelles, mais s’en servir reste parfois complexe.

Peut-être que l’impression d’absence de frontières n’aide pas à prendre conscience des droits territoriaux, sans doute même. Mais dans ce cas, puisque nous n’avons individuellement aucune prise sur la négociation de ces mêmes droits, il manque une mention « Attention profitez-en, on a négocié des droits avec untel ou unetelle, on sait pas qui paye et on sait pas qui va être payé tellement le système est complexe, et du coup c’est valable seulement en France ».

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Non seulement l’accès  à votre outil est géré par d’autres personnes que vous mais en plus on vous accuserait presque d’être « obligé » de pirater : la récente décision de bloquer Allostreaming en France et de le déréférencer du Google.fr est symptomatique. Vous n’avez pas accès au même contenu que vous soyez ici ou là. Votre couteau suisse utilise (enfin vous utilisez une fonction moteur de recherche) quelque chose qui là encore n’est pas configuré par vous mais par une entreprise. Google souvent pour les moteurs de recherche, mais aussi Yahoo! et Bing. Pourtant, il existe des équivalents, peut-être un peu moins séduisant que l’algorithme de Google, certes. Mais là encore, les récentes ou moins récentes modifications des fameux géants du web font que la sérendipité n’existe plus : logué sur votre compte Gmail / Google, vos résultats sont déterminés en fonction de qui vous êtes et de vos précédentes recherches. L’ensemble des modifications tend à refroidir certains et certaines mais pas encore suffisamment.

Votre couteau suisse est un véritable outil de travail et de loisir : vous prenez des notes sur votre bloc-notes numérique, vous communiquez avec des collègues via mails ou chat, vous mettez votre playlist musicale à l’apéro le vendredi soir et vous surfez sur les réseaux à la recherche d’articles intéressants à lire. L’ensemble est fabriqué par les internautes – vous êtes le produit, le contenu, les données – et modelé par les états et entreprises. Vous vouliez regarder le dernier clip d’Untel ? C’est presque mort.

Et ma grand-mère, blablabla.

Là où fondamentalement la distorsion entre le marché (Internet aujourd’hui) et l’outil devient terrible pour Internet, c’est que soit on ne s’en rend pas compte soit on contourne ces limites. Finalement quelle est la meilleure solution ? Être obligé de passer par des chemins détournés ou laisser tomber.

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Ne pas s’en rendre compte, c’est ne pas essayer d’aller chercher une série US en streaming parce qu’elle sort deux ans après en France. C’est aussi ne pas aller en pays francophone et frontalier pensant avoir accès aux mêmes choses que vos petits camarades en France. Ne pas s’en rendre compte c’est ne pas avoir eu l’occasion de se confronter à un système ubuesque pour lequel vous payez des droits que vous ne pouvez pas embarquer avec vous. C’est comme le bon vieux temps des CD musicaux ou DVD que vous ne pouviez (pouvez ?) plus lire dans votre lecteur graveur de DVD ou ordi avec lecteur graveur parce que le CD ou DVD étaient protégé contre la gravure. On ne sait jamais avec l’internaute, dès fois qu’il voudrait faire un marché noir de La petite sirène offert à sa nièce pour quand elle est chez lui. C’est un peu laisser tomber mais pas parce qu’on a pas envie, plus parce qu’on ne sait pas.

Passer par des chemins détournés suppose de s’y connaitre a minima. Arrêtons de croire que, comme le fameux « hacker » du sondage du Grand Soir 3, nos grand-mères pourraient le faire.

Dans dix ans peut-être que les grands-mères pourront. Ou peut-être pas. Notre vision est déformée par l’endroit où nous vivons et le milieu dans lequel nous vivons. Donc passer par des chemins détournés suppose soit d’être très curieux et d’avoir du temps, soit d’appartenir déjà à un milieu qui s’y connait. Pensez-vous vraiment qu’en dehors des milieux urbains CSP/CSP+ les internautes se posent la question de savoir qui a décidé quoi et comment ?

Pour que l’ensemble des internautes, et de fait l’ensemble de la population française, ayant un accès à Internet, ait l’impression que son couteau suisse est universel et qu’il peut effectivement s’en servir partout, il faut qu’il soit informé, sensibilisé. Comment, je n’en sais fichtrement rien. Mais ça suppose d’être didactique et de montrer, chacun, nous, pourquoi c’est important de laisser le moins possible aux plus puissants à la fois nos données et  la fois la configuration de notre couteau suisse. Ça implique que quand on est face à un problème, qu’on fasse appel à un ami qu’il nous montre et qu’on fasse ensuite circuler l’information. Un peu comme quand vous allez vérifier deux ou trois trucs sur certains forums et que vous parvenez à sauter par dessus l’obstacle. Et là, peut-être qu’Internet tel que je l’ai connu il y a 17 ans redeviendra ce qu’il a été à ce moment-là : un formidable outil d’ouverture et de communication – établir une relation avec autrui.

Illustrations FlickR CC By-nc-sa Bulbocode909 et Elsa

Relecture attentive @Reguen

Twitter affiche les photos dans le flux

Les dernières évolutions visuelles de « l’outil de microblogging » ont été plus ou moins visibles pour chacun des utilisateurs et utilisatrices du réseau. Après les lignes rouges entres les différentes réponses à une même conversation – auxquelles on se fait tellement qu’on finit par ne plus les voir – voici venues les photos visibles par défaut directement dans la TL.

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Avant, on pouvait cliquer ou non sur le lien selon qu’on avait envie de cliquer ou pas. Maintenant, la mention #NSFW ou autres ne sert plus à rien puisque de toute façon si vous parcourez votre TL sur Twitter.com, les photos sont affichées d’emblée.

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Et c’est aussi parfois très chargé. (capture d’écran : toute la page, de haut en bas)

Outre le côté maintenant très imagé de Twitter et les nombreuses infos sous un seul et même tweet qui peuvent amener à perdre un peu de vue l’origine du site – « un tweet, 140 caractères » = du texte, un lien (photos ou articles ou autres) » -, ça pose vraiment la question de l’affichage des photos sans consentement de celui qui déroule sa TL. À moins que Twitter ne les filtre ?

De la 3G congestionnée à la 4G ?

La 4G arrive, on l’entend ramper le long des ruelles sombres des grandes villes françaises et elle promet monts et merveilles. Longtemps que la médiatisation d’une nouvelle offre n’avait pas eu lieu. Juin 2000 en Allemagne et janvier 2001 en France, on parlait de la téléphonie du futur et de l’Internet mobile, c’était la 3G ou les licence UMTS (la 4G était déjà brièvement évoquée par les Japonais). Concernant la 4G, il est encore un peu tôt pour se prononcer. En revanche, dans les zones comme Paris, c’est bien le moment de parler de la qualité assez mauvaise du réseau 3G et téléphonique.

Paysage en croissance

Depuis une dizaine d’années, le paysage des consommateurs de data sur portable a radicalement changé : 10 millions d’abonnés 3G en décembre 2004, 14 millions en 2009, 21 millions en 2011 et 33,4 millions au premier trimestre 2013. Le nombre d’abonnés 3G a été multiplié par trois en dix ans. Selon le régulateur français des télécoms, l’ARCEP, la couverture par les trois opérateurs historiques est proche de 100%. Mais en pratique le constat est tout autre, la couverture théorique est là oui, le reste « ça dépend ».

Paris, Avenue Secrétan le 1er octobre

D’une ville à l’autre et d’un quartier à l’autre – voire d’une rue à l’autre -, le même réseau est capté différemment selon la couverture. Question de nombre d’antennes, donc de congestion : les cellules chargées de faire transiter les signaux des appareils ne sont plus en mesure dans les grandes villes, en tout cas dans Paris, d’absorber la totalité des demandes, notamment en ce qui concerne la 3G.

Historiquement les opérateurs à culture majoritairement telcos ont fonctionné dans une culture de circuit et de communication de personne à personne, majoritairement la voix. Le mode par défaut du GSM ? Le circuit switched data pour envoyer des SMS et surfer sur Internet en WAP. Un débit très faible – 9,6 KBits – qui a ensuite évolué vers le HSCSD utilisé pour la connexion en Edge et UMTS (3G). Le défi relevé du passage à la 3G / GPRS a amorcé le fonctionnement par paquet et, de fait, a montré à quel point les opérateurs pouvaient être au niveau : le système est complexe à mettre en place.

Alors que les consommateurs le ressentent à peine, les appels sont à présent passés grâce à un système de voix en haute défintion (AMRWB) avec lequel la largeur de bande est étendue. Idée majeure : élever la qualité c’est aussi limiter l’impression de dégradation de la qualité en cas de problème sur le réseau. Logique implacable.

Bascule technologique et changement des modes de consommation

Et la sortie du premier iPhone bouscule tout : 2G en 2007 aux États-Unis et quelques autres pays dans le monde – novembre de la même année en France -, il est rapidement suivi d’un iPhone 3G-compatible en juillet 2008. Une vraie bascule technologique pour Yann Rousse, professionnel des technologies mobiles, qui raconte :

Un ingénieur de RIM a récemment témoigné de ce qu’ils avaient ressenti au moment de l’annonce de la sortie de l’iPhone. De l’incrédulité. À l’époque, aucun fabricant ne pensait qu’Apple serait capable de faire ça.

Un plus grand nombre de gens a eu accès au réseau 3G. Pour Yann Rousse, “Il faut se rappeler que la 3G n’avait été initialement lancée qu’avec, comme critère différenciant pour les opérateurs, les appels en visiophonie et une vague augmentation des débits”.

Les consommateurs sont datavores même quand ils n’ont pas leur smartphone dans la main, sur Androïd comme sur iPhone.

Paris, Gare du Nord le 30 septembre

Et les antennes actuellement installées sont équipées de cellules suffisamment grandes pour couvrir un grand nombre de personnes sans avoir énormément de cellules à poser. Pour Free par exemple, une centaine d’antenne peuplent Paris quand elles sont un peu moins de 400 pour Orange qui sert aussi aux clients du premier.

Des macro cells – forte puissance – sur les toits de Paris absorbent toute la consommation mais dans certaines zones denses aux heures de pointes ou tout au long de la journée – les gares et autres lieux de passages – ne disposent plus d’une capacité efficace. Dans les zones d’ombres ? Des picocells qui permettent aux ondes de se propager d’une cellule à l’autre. “Quand les cellules 3G reçoivent de trop nombreuses demandes de connexions data, elles se contractent et émettent moins fort” précise Yann Rousse qui ajoute :

Après toutes ces années, il est regrettable que l’impératif (légal, vis-à-vis du régulateur) de couverture ne ce soit pas accompagné d’une prise en considération plus empressée de la nécessité d’accroitre la capacité du réseau 3G à absorber les pics de consommation. Même si des efforts ont été fait, le schéma initial de déploiement de la 3G a été fait avec les usages que l’on connaissait de la 2G, avec donc un principe de consommation somme toute modeste et ponctuel.

Pierre Col, auteur d’un excellent blog sur ZDNet expliquait sa mésaventure lors du salon du e-commerce Porte de Versailles. Sans réseau 3G, impossible de communiquer. Le comble pour un salon du e-commerce :

“VIParis a permis aux opérateurs mobiles d’installer des micro-cellules à l’intérieur de tous ses halls du Parc des Expositions de la Porte de Versailles. […] Selon VIParis, les opérateurs mobiles ont alors la capacité, par une intervention logicielle, d’accroître la capacité de leurs bornes, en nombre de connexions simultanées, et la bande passante sortante à destination de leur réseau. C’est ce qu’ils font, mais les réseaux arrivent rapidement à saturation tout simplement parce que les prévisions de trafic réalisées il y a quelques années sont aujourd’hui dépassées, et le nombre de bornes désormais insuffisant.”

Il aurait fallu pour que ça fonctionne : augmenter le nombre de cellules – comme dans Paris à certains endroits – ou basculer le réseau 3G des opérateurs sur le Wi-Fi de VIP Paris, ce que les opérateurs ont donc refusé.

Ajouter des cellules, oui mais, il faut pouvoir gérer politiquement et socialement l’installation de nouvelles antennes. Le problème concerne aussi bien les zones denses temporairement comme des salons ou autre grand rassemblement que les zones dans lesquelles il n’y a quasi aucune infrastructure installée. Yann Rousse explique :

Quand on est sur Spotify ou Deezer en mobile, à un moment donné, il est possible de passer en Edge, à cause d’un trou ou un problème de configuration. Les cellules ont une liste de cellules environnantes à transmettre au terminal pour une prise de relais. Quand la cellule est limitée, le terminal regarde la plus proche et un passage de relai – handover – se fait entre les deux cellules. Sauf si la seconde est elle aussi saturée.

Et, visiblement, les cellules ont à présent du mal à communiquer. Celles en cuivre – d’ancienne génération – suffisaient initialement alors qu’elles avaient à gérer 4 à 5 personnes ne surfant pas de façon synchronisée. Mais aujourd’hui, les smartphones envoient des alertes en permanence (les push de l’iPhone en sont un exemple) et ils communiquent sans cesse. Pour le spécialiste : “pour contrer la congestion, on sectorise de façon de plus en plus fine et on met des fouets de picocells attachés à une macrocell, dont le fonctionnement est différent des small cells [d’une puissance intermédiaire, NDLR] et ont cet avantage d’être connectées directement au réseau contrairement à la picocell”. Et paradoxalement, “la commercialisation de la 4G renforce ce phénomène” ajoute Yann Rousse puisque la technologie qui bénéficie des investissements des opérateurs, c’est la 4G.

Le déploiement de la 4G passe donc par l’ajout de cellules, soit nouvellement fibrées, soit sur un pylône déjà câblé en cuivre, un peu moins performant. Et en déployant la 4G, à supposer que les consommateurs se ruent sur les offres proposées par les opérateurs, la 3G devrait se décongestionner sans être améliorée. #oupas