Uranium appauvri


Dans un rapport de 118 pages remis par la Commission des finances de l’Assemblée nationale ce mercredi, deux députés rendent leur avis sur l’état financier des majors du nucléaire français, Areva et EDF. Avec en ligne de mire, la mauvaise gestion des différents acteurs, État compris. Qu’ils épinglent.

Après des comptes-rendus publiés en octobre dernier, les deux députés Marc Goua (PS) et Camille de Rocca Serra (UMP) en remettent donc une couche sur la gestion bancale d’EDF et d’Areva et leur manque de transparence. Deux entreprises orchestrés par un état actionnaire majoritaire mais quasi-mutique.

L’information ne filtre pas

Sur l’affaire de l’acquisition désastreuse de la société UraMin par Areva, les députés apportent quelques révélations. En particulier, ils expliquent qu’EDF, client d’Areva, avait également été intéressé par cet achat, mais avait décliné l’offre en raison des informations obtenues par les dirigeants d’EDF. Ainsi, alors que l’État est actionnaire dans les deux groupes, dans un cas (EDF) il évite une catastrophe financière, dans l’autre cas, il la laisse se dérouler (Areva).

Pire, selon le député Marc Goua, c’est par l’entremise de la banque d’affaires Goldman Sacchs, par ailleurs actionnaire minoritaire d’UraMin (( En 2007, à hauteur d’un peu plus de 3% selon la chambre de commerce des îles vierges britanniques )) , que le groupe EDF est informé de la santé précaire de cette entreprise.

Mais l’information ne filtre pas, en raison des rivalités entre les géants du nucléaire français. Pour les députés, EDF avait des informations que ni l’Agence des participations de l’État (APE) – représentant l’État au sein des conseils d’administration – ni Areva n’avaient en main. Sans se focaliser sur la responsabilité de l’APE, Camille de Rocca Serra le martèle :

On le voit à travers la réponse d’EDF, il n’y a pas de transmission de l’information, l’APE n’a pas toutes les informations et les bonnes informations. […] C’est un problème de gouvernance, un problème entre Areva et l’APE et un problème entre EDF et Areva.

L’habile communication des dirigeants de la société avant rachat, le désengagement d’un fond chinois – qui devait prendre part au capital à hauteur de 49% dans UraMin, information non vérifiée par l’APE selon les deux députés – , la réactivité limitée d’Areva, le manque de vigilance de l’APE et l’absence de communication, tout autant de facteurs qui ont joué en défaveur des acheteurs. Malgré ce constat, Camille de Rocca Serra se voulait rassurant aujourd’hui lors de la présentation de ce rapport, quant aux relations nouées entre EDF et Areva :

Nos deux champions ont amélioré leur partenariat. Les relations entre les deux entreprises se sont nettement améliorées.

Focus sur Areva

Le document déposé ce matin vient conclure des mois d’enquête et d’auditions. Si les premières investigations, débutées en juin 2011, les avaient menés devant une porte close à l’Agence de participation de l’État (APE), pendant la seconde phase d’auditions, les fonctionnaires ont été obligés d’ouvrir leurs cartons aux parlementaires mandatés par Jérôme Cahuzac, président de la Commission des finances de l’Assemblée.

À la demande de ce dernier, les deux députés avaient déjà fait part de leurs craintes sur les finances d’Areva, dans une première synthèse datée du 12 octobre 2011. Ils avaient auditionné pendant quelques mois les principaux responsables des instances décisionnaires des acquisitions, ventes et finances des deux entreprises, Anne Lauvergeon et Luc Oursel compris.

Le rapport d’étape, dévoilé par OWNI (voir ci-contre) pointait déjà du doigt les finances désastreuses d’Areva, conséquences de deux opérations pour le moins malheureuses. Ladite acquisition d’UraMin en 2007 – qualifiée a posteriori de « beau succès pour l’entreprise » par l’APE – et les retards de l’EPR finlandais, d’un cout initial de 3 milliards d’euros et pour un surcout total de 6 milliards. Le rapport s’étonnait de la quasi absence des responsables de l’APE, pourtant garant étatique de la sécurité des opérations financières des entreprises dans lesquels l’État est actionnaire majoritaire.

Depuis, l’acquisition d’UraMin a suscité bon nombre de réactions et déballages dans les médias, espionnage d’Anne Lauvergeon à la clef. L’EPR finlandais reste toujours en retard et les provisions coutent aussi cher que l’acquisition de la petite société minière UraMin.

Ce fiasco imputé à l’ancienne présidente d’Areva, le retard de l’EPR, lui, l’est à Luc Oursel, l’actuel président, les deux se sont longuement querellés par médias interposés et devant les tribunaux. Tribunal de commerce pour le gel des indemnités d’Anne Lauvergeon, suspendues à la remise d’un audit interne sur l’acquisition d’UraMin. Et Tribunal de grande instance pour les différentes affaires d’espionnage de l’ancienne présidente du groupe.

Areva, après avoir enregistré une perte de 2,4 milliards d’euros pour l’année 2011, cherche à vendre ses parts dans Eramet, décision prise en juin 2009 lors d’un conseil de surveillance, au Fonds stratégique d’investissement. Malgré un besoin de cash et les excellents résultats du FSI l’an dernier, ce dernier a décidé d’octroyer à Areva 500 millions en liquide sur les 776 millions des parts d’Areva dans Eramet et le reste en action chez … Danone et Air Liquide. Pas de quoi voir venir les milliards manquants.


Illustration et couverture par Marion Boucharlat pour Owni /-)

La course aux fadettes du couple Lauvergeon

Le Canard enchaîné de mercredi révélait l’espionnage d’Anne Lauvergeon par une agence privée suisse. En ligne de mire, les factures détaillées du couple et le suivi minutieux des faits et gestes du mari de l’ancienne présidente d’Areva. Le couple a déposé plainte lundi auprès du procureur de la République de Paris pour surveillance de leurs correspondances privées. Motifs de la plainte : « complicité et recel de violation du secret professionnel », « complicité et recel de divulgation de données portant atteinte à l’intimité de la vie privée » et « complicité et recel d’abus de confiance ».

Jean-Pierre Versini-Campinchi, l’avocat du couple a précisé à OWNI :

Il ne s’agit pas d’écoutes mais de demandes de fadettes. Entre février et juin 2011.

Au programme, l’épluchage non seulement des communications de l’ancienne présidente d’Areva, mais aussi celles de son mari Olivier Fric, consultant en ingénierie technique dans le domaine de l’énergie – hydrocarbures, chimie et énergie renouvelables – à Lausanne. MATRIC SA récemment immatriculée en Suisse – en mai dernier – a donc aussi fait partie du lot de factures téléphoniques et aller-retours listés minutieusement. Toujours selon le Canard, l’enquête de police privée a listé « sa vie personnelle, ses séjours en Suisse […] et même les dates de ses arrivées dans tel ou tel hôtel »« . Parcours universitaire, casier judiciaire vierge et comptes en banque compris.

UraMin et surveillance des proches de la transaction

Avec sa longue expérience dans les industries minières et pétrolières, l’ex-directeur de Mocoh Resources, ancien directeur exécutif d’Anzon Energy Ldt (compagnie pétrolière australienne et gazière cotée en bourse et récemment racheté par ROCOil) et ancien directeur du groupe de dérivés énergétiques à Total Fina Elf a aussi travaillé comme cadre supérieur chez Elf Trading. Ce qui pouvait intéresser les commanditaires de la surveillance d’Anne Lauvergeon : les conflits d’intérêts possibles avec son mari dans le cadre du rachat d’UraMin, transaction aujourd’hui jugée à un tarif exorbitant.

Les raisons invoquées de la surveillance d’Anne Lauvergeon, de son mari et de Daniel Wouters – ancien directeur du développement d’UraMin – et d’une amie de sa fille : l’achat polémique de la petite société canadienne implantée en Namibie – mais immatriculée dans les Îles vierges britanniques – entre 1,6 et 1,8 millions par Areva en 2007, affaire révélée par Paris Match. Entre le second tour de la présidentielle et le premier des législatives, alors même que les Canadiens n’avaient encore rien exploité.

La décision hâtive en a intrigué plus d’un et si le cabinet d’Eric Besson et une cellule de trois indépendants du côté de chez Areva – appartenant au conseil de surveillance du groupe – vont à leur tour enquêter séparément sur les conditions de rachat de ce qu’il est commun d’appeler le gouffre financier d’Areva, certains avaient des raisons de surveiller les allées et venues téléphoniques de l’ancienne présidente et de son mari. Juste avant sa non reconduction à la tête du groupe. De quoi chercher à savoir comment charger la mule de celle qui allait être évincée de l’entreprise qu’elle avait créée.

Partage des responsabilités

Pourtant, Anne Lauvergeon n’apparaît pas être seule responsable de l’achat d’UraMin. Pointée dans le rapport de Marc Goua qu’OWNI avait mis en ligne, la responsabilité de l’Agence des participations de l’état et la précipitation de la prise de décision en plein moment électoral, sous pression d’UraMin qui fixe alors le calendrier.

Tantôt l’urgence est décrétée, au motif qu’UraMin a fixé au 31 mai 2007 la date limite d’une opération d’achat de ses titres. Personne ne s’étonne que le calendrier puisse être fixé par le vendeur. L’urgence invoquée cache pourtant mal sa ressemblance avec les méthodes de marketing en usage dans la grande distribution à l’occasion des ventes flash de fruits et légumes. Dans ces circonstances, tout devrait inciter à la retenue, et en premier lieu le respect du temps démocratique. Pourtant l’entreprise, et les services du ministère à sa suite, paraissent au contraire placer insensiblement l’autorité politique devant le fait accompli. Le 15 juin 2007, Areva annonce une offre publique d’achat sur Uramin sur la base d’un prix de 7,7 dollars américains par action, soit une prime attractive hors dividende de 21 % sur le cours moyen pondéré vingt jours au 8 juin 2007. Le communiqué d’Areva indique que le conseil d’administration d’UraMin a jugé que l’offre « était dans le meilleur intérêt de [ses] actionnaires […] En juillet 2007, l’acquisition récente est encore qualifiée par les services de l’APE de « beau succès ». ».

Mais dans ce rachat, « d’autres intermédiaires de poids sont intervenus » selon une source proche du dossier. De quoi faire frissonner plus d’un des soupçonnés par le Canard, à commencer par Henri Proglio, François Roussely et Luc Oursel, dans le cercle restreint des dirigeants du groupe depuis janvier 2007. Pour le trio pressenti, la solution de sécurité : surveiller ses appels, ceux de ses proches et leurs aller-retours.

Refuser un poste de ministre à Nicolas Sarkozy, tenir tête à Bouygues (( en refusant la fusion entre Alstom, entreprise dirigée par Patrick Kron, et Areva )), et chercher à éviter le démantèlement de l’entreprise en conservant le modèle intégré tout en s’opposant à la filialisation des mines sont autant de prises de position qui auront couté son poste à Anne Lauvergeon. Et occasionné l’épluchage de sa vie privée.


Photo d’Anne Lauvergeon par Claire Berthelemy à Science-Po Bordeaux en novembre 2011 [cc-byncsa]

Le désastre prévu d’Areva

Le plan d’action stratégique d’Areva, aux allures de plan de rigueur, a été présenté hier devant le Conseil de surveillance du groupe avant d’être dévoilé ce matin en conférence de presse[PDF]. Il officialise le désastre financier d’Areva, que nous avions décrit en révélant l’audit de Marc Goua et la lettre de François Baroin adressée à Jean-Cyril Spinetta.

Paradoxe de cette crise, les mauvais résultats d’Areva s’expliquent pour une large partie par une application au pied de la lettre des recommandations figurant dans un rapport confidentiel défense de 80 pages de juin 2010, sur l’avenir de la filière nucléaire, rédigé par François Roussely et dont une brève synthèse avait été rendue publique. L’exercice consistait surtout à placer EDF au sommet du nucléaire français. Or, ce nouveau plan d’action stratégique, rendu public ce matin, ne propose rien de moins que de continuer à suivre les préconisations de ce document classifié.

Ces derniers jours, nous avons retrouvé et contacté les différents membres de l’équipe de François Roussely (( y compris François Roussely )) et les acteurs ayant gravité – de près – autour de cette mission secrète. Soucieux de ne pas être cités, ils nous ont néanmoins permis de comprendre les manœuvres à l’origine de ce grand mécano industriel, et leurs grosses conséquences financières.

EDF à la tête

Quatre mois de travaux auront été nécessaires aux huit émissaires réunis autour de François Roussely, l’ancien président d’EDF et vice président du Crédit Suisse Europe. Un peu moins d’une centaine de pages recommandent fortement de mettre EDF à la tête de l’équipe de France du nucléaire, au détriment de son principal prestataire Areva. Mais le rapport n’est pas né du hasard.

En juin 2009, le groupe multiplie les décisions surprenantes. Il décide de vendre une de ses branches les plus rentables (Areva Transmission et Distribution), de céder des participations dans Eramet et STMicroélectronics et d’ouvrir le capital à hauteur de 15 %. Trois mois plus tard, Nicolas Sarkozy demande à François Roussely de lui préparer un rapport sur la filière nucléaire, pour le début de l’année 2010. Et Pierre Gadonneix n’étant pas farouchement attaché au projet de fusion Alstom/Areva souhaité par Bouygues, Nicolas Sarkozy ne le reconduit pas à la tête d’EDF et nomme Henri Proglio. Un proche de ces tractations précise :

Le grand ami de Roussely [Henri Proglio, NDLR] se posait déjà en leader de l’équipe de France du nucléaire et préconisait une ouverture de capital d’Areva NP. Il n’était même pas encore officiellement chef qu’il voulait déjà diriger la filière.

La composition de l’équipe du rapport aurait de quoi attiser la curiosité. Mais le discours sur la constitution du groupe est bien rodé. « La constitution a été réfléchie, pensée, pour que différents acteurs se retrouvent ensemble pour réfléchir sur la filière et les choses à améliorer. En toute indépendance », martèle un proche.

On pourrait y voir un agencement préparé spécialement pour le sujet “filière nucléaire”. De composition neutre. Autour de l’ancien président d’EDF, François Roussely, parmi les huit penseurs « experts de haut niveau » pour reprendre les termes de Nicolas Sarkozy, trois appartiennent – ou appartenaient – à EDF et ceux qui n’appartiennent pas au même groupe avaient déjà travaillé ensemble.

Au premier rang, Cédric Lewandowski, l’ancien chef de cabinet de François Roussely. Le spécialiste de géopolitique a été attaché parlementaire d’Alain Richard puis chef adjoint de son cabinet au Ministère de la Défense. Où il rencontre François Roussely. Et ce dernier l’embarque avec lui lors de sa nomination à la tête d’EDF : il le nomme chef de son cabinet – de Président du groupe – en 1998. Quelques nominations plus tard, l’ancien assistant parlementaire est directeur de la Division Collectivités Territoriales d’EDF et à la tête de TIRU, branche d’incinération d’EDF.

Deux font partie d’Areva (ex-Cogema) (( absorbée par Areva, résultat de la fusion Framatome/Cogema )) dont Valérie Derouet aujourd’hui chez EADS. Qui a longtemps côtoyé dans le cadre de précédentes missions Philippe Delmas et … Cédric Lewandowski. En septembre 2007, les trois membres de la mission Roussely travaillaient déjà ensemble au sein du “groupe de travail sur les missions de réflexion sur le rapprochement des missions, des structures et des modes de financement des grandes institutions publiques en charge de la formation, de la recherche et de l’analyse des questions de sécurité et stratégiques. »

Contacté par OWNI, le président de Ph. D. Associates, Philippe Delmas, énarque, ancien vice-président d’Airbus (et bras droit de Noël Forgeard) et conseiller référendaire à la Cour des comptes, ”refuse de répondre et ne veut pas communiquer sur le sujet”.

Confidentiel défense

Les huit décideurs et Roussely ont classé le rapport confidentiel défense. Les 80 pages de recommandations, suite de deux visites à OL3 et Flammanville et d’auditions nombreuses, modifient l’organisation de la filière nucléaire en silence et en petit comité.

« Le rapport a été classée confidentiel défense de façon automatique. Parce qu’il mélange une approche nucléaire civil et une approche nucléaire militaire », explique un spécialiste, qui ne souhaite pas être cité.

Mais selon certaines sources, le danger en cas de diffusion du rapport « n’est pas vraiment grand […] et pas vraiment important, notamment parce qu’il sert juste à confirmer ce que tout le monde voit venir depuis longtemps ». Et selon le courrier de Nicolas Sarkozy à François Roussely, il s’agissait surtout d’une « étude approfondie sur l’avenir de l’énergie nucléaire civile ». Pour ça, Anne Lauvergeon, Gérard Mestrallet, Henri Proglio, les représentants des partis politiques, la majorité des syndicats concernés, les agences (ASN et CRIRAD), le CEA, les « grands » ministères, la DGA et les États majors ont été auditionnés. La plus belle part donnée à EDF, alors même que son arrivée tardive dans l’appel d’offres à Abu Dhabi pourrait être à l’origine d’une certaine frilosité des émirats.

Un proche du petit comité défend leur position commune :

EDF est celui qui a le plus de retours d’expérience, c’est le seul énergéticien dans ce cas là. Quand on veut exporter des projets et qu’on ne peut pas se tourner vers un responsable de consortium mais qu’il faut s’adresser à différents interlocuteurs, difficile de vendre des projets. Les pays en demande veulent des produits de plus petite puissance, contrairement aux EPR d’Areva.

C’est faire fi notamment des réacteurs en cours de développement tel l’ATMEA, de plus petite puissance, développée par Mitsubishi et Areva en co-entreprise. Simplement, il y avait, dans cette filière nucléaire française, « deux capitaines et il fallait bien qu’il n’y ait qu’un seul leader », confie un des émissaires de François Roussely. Entre Anne Lauvergeon, qui avait refusé un poste de ministre des Finances en 2007 – entre autres accrochages – et Henri Proglio, fraîchement arrivé chez EDF, proche de Nicolas Sarkozy et François Roussely, le choix a été fait : Anne Lauvergeon vue par ses détracteurs comme étant “quelqu’un qui en voulait trop et à la tête d’une boîte trop lourde » devait être mise à l’écart de la filière. Areva avec.

Luc Oursel, successeur d’Anne Lauvergeon, est arrivé pour redresser la barre. Le médaillé de la Légion d’honneur en décembre 2010 et proche de François Roussely depuis leur mission commune pour le cabinet de Pierre Joxe, ministre de la Défense, lance ses directives. Dans la droite ligne de la filialisation d’Areva et avec un champs quasi libre – hors convocation de François Baroin – pour appliquer les recommandations du rapport.


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Photos et illustrations Xray Delta One [cc-bync] ; Edans [cc-by] ; Nick Hensman [cc-byncnd]