Les révolutions

On aurait pu croire à un prolongement d’une crise d’adolescence. Hypothèse invérifiable, non pas nécessité d’une démonstration tangible mais plutôt par manque d’envie d’expliquer ce que la jeunesse faisait encore dans l’âge adulte. Ému, je regardais mes amis disserter sur le bien le mal, l’idéologie qu’il fallait encore avoir sur certains sujets, la conscience professionnelle aussi. Et puis nous avons recommandé un verre chacun, nous sentions qu’il était nécessaire, que nous étions bien aussi. Nous avons continué comme ça des heures et des heures encore. Sans aucune limite à l’idée, les réflexions faisaient suite les unes à la suite des autres, aussi éclectiques les uns par rapport aux autres, nous filions d’une pensée à une autre, en éprouvant chaque fois que nécessaire les hypothèses, les démonstrations, les vrais, les faux, les faux-semblants. Il nous semblait que nous étions seulement vivants, encore jeune et plein de bons sentiments, d’espoir, de vie, de fougue. D’amour.

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Internet, ce sacré couteau suisse

Il y a peu de temps l’Internaute – l’utilisateur d’Internet donc – pouvait lire que « notre mai-68 numérique » était devenu « un grille-pain fasciste ». Internet, en dehors d’être la tartine au milieu du grille-pain ou le grille-pain lui-même, #quandjaicompris, est aussi une sorte de gigantesque couteau suisse multifonctions. Or, il s’avère que selon l’endroit où l’on se trouve le couteau suisse n’a pas les mêmes fonctions et, pire, quand vous voyagez au sein même de l’Union européenne, le tire-bouchon peut ne plus fonctionner tout court. Parce que vous avez dépassé les frontières légales de l’utilisation de votre couteau suisse. Retirons à ça quelques fonctions non ternies par les frontières, à savoir votre boite mail Gmail ou Yahoo entre autres et les réseaux tels que Facebook, Twitter etc. Qui malgré le mercantile de la chose, restent la lime à ongle ou le cure-dent dudit couteau.

couteau suisse 1

La plupart du temps, vous ne vous rendez pas compte que les frontières rendent certaines fonctions de votre couteau suisse inutilisable. C’est en étant amené à vadrouiller hors des frontières physiques qu’on se rend compte que oui, Internet a aussi des frontières DIGITALO-NUMÉRIQUES.

Clips partout, argent nulle part !

Quelles fonctions a ce couteau suisse ? Il vous permet de faire des recherches d’itinéraires piétons ou métro ou bus. Il vous permet de communiquer avec vos proches quand ils sont loin. Il vous permet aussi d’acheter sur Le bon coin un téléphone portable quand le votre vient de rendre l’âme. Aussi, il vous permet de vous distraire. En somme il vous facilite quelque peu la vie.

Imaginons. Vous passez quelques temps à la frontière française. Prenons la Belgique. Vous voulez regarder un super clip qu’un de vos amis vous a pingué sur Twitter (pour ma mère : un copain m’a envoyé un lien qui, quand on clique dessus, m’amène à un morceau de musique sur Youtube). Vous avez Y chances sur X = Z, Z étant la probabilité, de tomber sur un clip non géo-bloqué. Soit si Y = 1 et X 3, Z=0,33. En restant simple, une chance sur trois de pouvoir lire le lien. Sauf que votre outil n’est pas configuré par vous-même mais par des ayants droit d’ayants droit.

Vous ne déterminez jamais tout seul votre chance de pouvoir ouvrir cette bouteille avec ce tire-bouchon du couteau suisse. Déçu vous êtes obligé de mettre un marque page sur merveilleux clip pour penser à y revenir au moment de votre retour en France. Certains trouveront ça normal. D’autres pas. Ces « d’autres pas » ont trouvé des moyens de contourner les frontières de votre couteau suisse. On peut connaitre les ficelles, mais s’en servir reste parfois complexe.

Peut-être que l’impression d’absence de frontières n’aide pas à prendre conscience des droits territoriaux, sans doute même. Mais dans ce cas, puisque nous n’avons individuellement aucune prise sur la négociation de ces mêmes droits, il manque une mention « Attention profitez-en, on a négocié des droits avec untel ou unetelle, on sait pas qui paye et on sait pas qui va être payé tellement le système est complexe, et du coup c’est valable seulement en France ».

couteau suisse 3

Non seulement l’accès  à votre outil est géré par d’autres personnes que vous mais en plus on vous accuserait presque d’être « obligé » de pirater : la récente décision de bloquer Allostreaming en France et de le déréférencer du Google.fr est symptomatique. Vous n’avez pas accès au même contenu que vous soyez ici ou là. Votre couteau suisse utilise (enfin vous utilisez une fonction moteur de recherche) quelque chose qui là encore n’est pas configuré par vous mais par une entreprise. Google souvent pour les moteurs de recherche, mais aussi Yahoo! et Bing. Pourtant, il existe des équivalents, peut-être un peu moins séduisant que l’algorithme de Google, certes. Mais là encore, les récentes ou moins récentes modifications des fameux géants du web font que la sérendipité n’existe plus : logué sur votre compte Gmail / Google, vos résultats sont déterminés en fonction de qui vous êtes et de vos précédentes recherches. L’ensemble des modifications tend à refroidir certains et certaines mais pas encore suffisamment.

Votre couteau suisse est un véritable outil de travail et de loisir : vous prenez des notes sur votre bloc-notes numérique, vous communiquez avec des collègues via mails ou chat, vous mettez votre playlist musicale à l’apéro le vendredi soir et vous surfez sur les réseaux à la recherche d’articles intéressants à lire. L’ensemble est fabriqué par les internautes – vous êtes le produit, le contenu, les données – et modelé par les états et entreprises. Vous vouliez regarder le dernier clip d’Untel ? C’est presque mort.

Et ma grand-mère, blablabla.

Là où fondamentalement la distorsion entre le marché (Internet aujourd’hui) et l’outil devient terrible pour Internet, c’est que soit on ne s’en rend pas compte soit on contourne ces limites. Finalement quelle est la meilleure solution ? Être obligé de passer par des chemins détournés ou laisser tomber.

couteau suisse 2

Ne pas s’en rendre compte, c’est ne pas essayer d’aller chercher une série US en streaming parce qu’elle sort deux ans après en France. C’est aussi ne pas aller en pays francophone et frontalier pensant avoir accès aux mêmes choses que vos petits camarades en France. Ne pas s’en rendre compte c’est ne pas avoir eu l’occasion de se confronter à un système ubuesque pour lequel vous payez des droits que vous ne pouvez pas embarquer avec vous. C’est comme le bon vieux temps des CD musicaux ou DVD que vous ne pouviez (pouvez ?) plus lire dans votre lecteur graveur de DVD ou ordi avec lecteur graveur parce que le CD ou DVD étaient protégé contre la gravure. On ne sait jamais avec l’internaute, dès fois qu’il voudrait faire un marché noir de La petite sirène offert à sa nièce pour quand elle est chez lui. C’est un peu laisser tomber mais pas parce qu’on a pas envie, plus parce qu’on ne sait pas.

Passer par des chemins détournés suppose de s’y connaitre a minima. Arrêtons de croire que, comme le fameux « hacker » du sondage du Grand Soir 3, nos grand-mères pourraient le faire.

Dans dix ans peut-être que les grands-mères pourront. Ou peut-être pas. Notre vision est déformée par l’endroit où nous vivons et le milieu dans lequel nous vivons. Donc passer par des chemins détournés suppose soit d’être très curieux et d’avoir du temps, soit d’appartenir déjà à un milieu qui s’y connait. Pensez-vous vraiment qu’en dehors des milieux urbains CSP/CSP+ les internautes se posent la question de savoir qui a décidé quoi et comment ?

Pour que l’ensemble des internautes, et de fait l’ensemble de la population française, ayant un accès à Internet, ait l’impression que son couteau suisse est universel et qu’il peut effectivement s’en servir partout, il faut qu’il soit informé, sensibilisé. Comment, je n’en sais fichtrement rien. Mais ça suppose d’être didactique et de montrer, chacun, nous, pourquoi c’est important de laisser le moins possible aux plus puissants à la fois nos données et  la fois la configuration de notre couteau suisse. Ça implique que quand on est face à un problème, qu’on fasse appel à un ami qu’il nous montre et qu’on fasse ensuite circuler l’information. Un peu comme quand vous allez vérifier deux ou trois trucs sur certains forums et que vous parvenez à sauter par dessus l’obstacle. Et là, peut-être qu’Internet tel que je l’ai connu il y a 17 ans redeviendra ce qu’il a été à ce moment-là : un formidable outil d’ouverture et de communication – établir une relation avec autrui.

Illustrations FlickR CC By-nc-sa Bulbocode909 et Elsa

Relecture attentive @Reguen

L’enfance

Il est beaucoup question d’enfants dans ses dessins, de petits personnages les yeux fermés, devant des maisons, dans des jardins, sur des manèges sans chevaux de bois. Il a des frères et des soeurs ?

Cette question, un peu absurde compte tenu de la fiche de renseignements que je lui avais fourni pour le petit le lendemain de la rentrée, taraudait la jeune enseignante qu’elle était. Nouvelle de l’an dernier dans l’école, elle ne connaissait pas notre famille recomposée et recomposable autant de fois qu’il était nécessaire les week-ends et vacances des enfants. J’avais décidé de lui répondre comme si elle n’avait eu l’information.

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Une semaine de liens #9

Une nouvelle semaine s’achève. Chargée et riche en informations – vivement la trêve des confiseurs. Au programme de cette semaine de liens, une étude sur le taux de pénétration de Twitter à travers le monde, un point sur la technique utilisée pour la séquence de Stromae au Grand Journal, un autre encore sur l’utilisation du terme tireur fou par les médias et autres intervenants et enfin une vidéo à voir sur la 4G et les opérateurs téléphoniques. Sans oublier une interview de Pierre Coffin, un nouveau blog sur Paris et une mise au point sur la bande dessinée sur la pêche en eaux profondes.

Point #Twitter

PeerReach pour Mashable vient de livrer une étude sur le taux de pénétration de Twitter dans le monde : nombre de personnes qui twittent au moins une fois par mois ramené à celui de la population connectée. Rappelons qu’un être humain sur cinq utilise un réseau social. Et grande surprise, c’est l’Arabie Saoudite qui se retrouve en première place avec un taux à 33%. Pour les États-Unis, ce taux est de 11%, derrière les Pays-Bas, la Grande Bretagne, L’Argentine et l’Indonésie entre autres. La France est à 4% et a du chemin à faire.

Point #Stromae

La prestation de Stromae au Grand Journal a déclenché une salve de partages sur Facebook et Twitter (peut-être ailleurs, certes) et 7sur7.be raconte comment dans La nouvelle édition le tournage a été raconté. Quatre heures de tournage et trois jours de montage ont permis à Stromae de se dédoubler. Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

 

La performance de Stromae n’est pas sans rappeler celle de Guillaume Gallienne dans « Les garçons et Guillaume à table », par ailleurs à voir.

Paris n’est pas toujours magique

Un nouveau né dans l’univers des blogs dédiés à la Capitale et à ses moyens de manger (pour cher), avec une ligne éditoriale inverse à celle de la plupart des autres sites : Paris est à chier dissèque les endroits où il ne faut pas aller. En termes de droits, risques, etc etc, on ne sait pas si l’auteur peut se retrouver en procès pour diffamation mais l’idée est assez bonne. Après tout, on encense les uns pourquoi pas descendre les autres ?

Point #tireurfou

La semaine dernière, un tireur qui a depuis été arrêté donc, s’en était pris à BFM puis à Libération et enfin s’était retrouvé devant le siège de la Société Générale à la Défense. Prise d’otage puis volatisé dans Paris, il a fait les couvertures de médias pendant au moins trois jours. Pascal Riché remet à plat et questionne la notion d’appellation « Tireur fou » avec notamment une remarque :

Si le type avait été arrêté, on ne parlerait pas de « tireur fou », mais simplement du « tireur de Libération ». Dans « tireur fou », il y a l’idée qu’il court dans les rues, qu’il tire au hasard et qu’il peut tuer n’importe qui. Vous par exemple, qui lisez ces deux mots. Ensuite, « tireur fou » laisse penser que le comportement de cet homme n’a pas de cause, n’a pas d’explication. Il est supposé blanc : est-ce pour cela qu’on ne lit jamais le mot « terroriste » (qui n’aurait pas été plus approprié) ? Le mot « fou » gomme tout contexte.

Point #minion

Pierre Coffin, l’homme qui a co-réalisé « Moi, moche et méchant », opus 1 et 2, et qui est à l’oeuvre pour sortir « Les minions », a accordé une interview à Télérama.

Cette popularité instantanée couronna un savant brainstorming. « Au départ, les Minions étaient des trolls, une armée de gros balèzes, raconte Pierre Coffin. Mais nous avons préféré nous éloigner de la ressemblance humaine. Nous sommes passés par tous les stades, jusqu’au crapaud jaunâtre à grosses lunettes. Finalement, j’ai pensé qu’il fallait se concentrer sur l’expression, les yeux et la bouche. Et c’est devenu ce bonhomme très simple, un peu à la japonaise. »

Point ONG-Bande dessinée

Vous n’avez pas pu passer à côté : Pénélope Bagieu illustrant les données de l’ONG Bloom sur la pêche en eaux profondes. Gros succès, la pétition associée à la bande dessinée de la blogueuse recueille aujourd’hui près de 600.000 signatures. Bon coup de pub pour le combat de Bloom. Et pourtant, quelque chose titille, quelque chose qui dirait : le partage des données d’une ONG – un lobby donc – doit être fait en toute conscience que ce sont des données partielles. Brutes, elles n’ont été vérifiées ni même contredites. Après, il ne s’agit pas d’un travail journalistique (vérification de chacun de faits et confrontation des propos des acteurs sur le sujet) mais n’empêche ça manque d’un logo de Bloom en haut et en bas de la bande dessinée. TerraEco s’est interrogé sur les différentes données de la BD. À découvrir.

La vidéo de la semaine

Sans conteste la vidéo de la semaine c’est celle de Complément d’enquête « Téléphones portables : l’envers du réseau » sur la 4G et la qualité des réseaux. Pas plus de teasing, elle est très instructive et commence à confirmer ce que beaucoup pensent.

Sur ce, bon dimanche soir !

Illustrations Flickr CC By-nc-sa par Garett Heath

 

Une semaine de liens #8

C’est reparti pour une nouvelle semaine – qui comme d’habitude sur ce blog n’arrive jamais au même moment dans la semaine.

Point #InternetdansleTGV

Internet dans le TGV, on en rêve et … on est donc pas prêts de voir arriver une connexion stable en Wi-Fi dans nos chers trains. Le Thalys propose une offre comprise dans le prix de certains billets mais si les prix des billets pour les eurodéputés et autres clients du Paris-Bruxelles rentabilisent le cout, ce n’est pas le cas de tous les trajets « nationaux ».

Pourtant – c’est PcInpact qui le raconte très bien – en octobre 2010, la SNCF promettait monts et merveilles avec un magnifique pack de connexion à bord de ses trains. Expérimenté sur le TGV est, le service coutait 350.000 euros pour chaque TGV.

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Une semaine de liens #7

Cette semaine, un point sur les usages numériques qui évoluent encore – on le savait mais des chiffres sont toujours bienvenus et un autre sur la consommation de culture.

Point #culturenumérique à la Commission européenne

La Commission européenne est toujours – à peu près – active dans l’affaire qui les oppose à Google. Dernière demande en date : que les propositions de la firme US soient « soumises aux commentaires des plaignants ». L’étape avant de trancher, trois ans après ? Quoi qu’il en soit, Google risque une amende au maximum égale à 10% de son chiffre d’affaires.

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Twitter affiche les photos dans le flux

Les dernières évolutions visuelles de « l’outil de microblogging » ont été plus ou moins visibles pour chacun des utilisateurs et utilisatrices du réseau. Après les lignes rouges entres les différentes réponses à une même conversation – auxquelles on se fait tellement qu’on finit par ne plus les voir – voici venues les photos visibles par défaut directement dans la TL.

Capture d’écran 2013-10-29 à 20.33.55

Avant, on pouvait cliquer ou non sur le lien selon qu’on avait envie de cliquer ou pas. Maintenant, la mention #NSFW ou autres ne sert plus à rien puisque de toute façon si vous parcourez votre TL sur Twitter.com, les photos sont affichées d’emblée.

Capture d’écran 2013-10-29 à 20.51.16

Et c’est aussi parfois très chargé. (capture d’écran : toute la page, de haut en bas)

Outre le côté maintenant très imagé de Twitter et les nombreuses infos sous un seul et même tweet qui peuvent amener à perdre un peu de vue l’origine du site – « un tweet, 140 caractères » = du texte, un lien (photos ou articles ou autres) » -, ça pose vraiment la question de l’affichage des photos sans consentement de celui qui déroule sa TL. À moins que Twitter ne les filtre ?

De la 3G congestionnée à la 4G ?

La 4G arrive, on l’entend ramper le long des ruelles sombres des grandes villes françaises et elle promet monts et merveilles. Longtemps que la médiatisation d’une nouvelle offre n’avait pas eu lieu. Juin 2000 en Allemagne et janvier 2001 en France, on parlait de la téléphonie du futur et de l’Internet mobile, c’était la 3G ou les licence UMTS (la 4G était déjà brièvement évoquée par les Japonais). Concernant la 4G, il est encore un peu tôt pour se prononcer. En revanche, dans les zones comme Paris, c’est bien le moment de parler de la qualité assez mauvaise du réseau 3G et téléphonique.

Paysage en croissance

Depuis une dizaine d’années, le paysage des consommateurs de data sur portable a radicalement changé : 10 millions d’abonnés 3G en décembre 2004, 14 millions en 2009, 21 millions en 2011 et 33,4 millions au premier trimestre 2013. Le nombre d’abonnés 3G a été multiplié par trois en dix ans. Selon le régulateur français des télécoms, l’ARCEP, la couverture par les trois opérateurs historiques est proche de 100%. Mais en pratique le constat est tout autre, la couverture théorique est là oui, le reste « ça dépend ».

Paris, Avenue Secrétan le 1er octobre

D’une ville à l’autre et d’un quartier à l’autre – voire d’une rue à l’autre -, le même réseau est capté différemment selon la couverture. Question de nombre d’antennes, donc de congestion : les cellules chargées de faire transiter les signaux des appareils ne sont plus en mesure dans les grandes villes, en tout cas dans Paris, d’absorber la totalité des demandes, notamment en ce qui concerne la 3G.

Historiquement les opérateurs à culture majoritairement telcos ont fonctionné dans une culture de circuit et de communication de personne à personne, majoritairement la voix. Le mode par défaut du GSM ? Le circuit switched data pour envoyer des SMS et surfer sur Internet en WAP. Un débit très faible – 9,6 KBits – qui a ensuite évolué vers le HSCSD utilisé pour la connexion en Edge et UMTS (3G). Le défi relevé du passage à la 3G / GPRS a amorcé le fonctionnement par paquet et, de fait, a montré à quel point les opérateurs pouvaient être au niveau : le système est complexe à mettre en place.

Alors que les consommateurs le ressentent à peine, les appels sont à présent passés grâce à un système de voix en haute défintion (AMRWB) avec lequel la largeur de bande est étendue. Idée majeure : élever la qualité c’est aussi limiter l’impression de dégradation de la qualité en cas de problème sur le réseau. Logique implacable.

Bascule technologique et changement des modes de consommation

Et la sortie du premier iPhone bouscule tout : 2G en 2007 aux États-Unis et quelques autres pays dans le monde – novembre de la même année en France -, il est rapidement suivi d’un iPhone 3G-compatible en juillet 2008. Une vraie bascule technologique pour Yann Rousse, professionnel des technologies mobiles, qui raconte :

Un ingénieur de RIM a récemment témoigné de ce qu’ils avaient ressenti au moment de l’annonce de la sortie de l’iPhone. De l’incrédulité. À l’époque, aucun fabricant ne pensait qu’Apple serait capable de faire ça.

Un plus grand nombre de gens a eu accès au réseau 3G. Pour Yann Rousse, “Il faut se rappeler que la 3G n’avait été initialement lancée qu’avec, comme critère différenciant pour les opérateurs, les appels en visiophonie et une vague augmentation des débits”.

Les consommateurs sont datavores même quand ils n’ont pas leur smartphone dans la main, sur Androïd comme sur iPhone.

Paris, Gare du Nord le 30 septembre

Et les antennes actuellement installées sont équipées de cellules suffisamment grandes pour couvrir un grand nombre de personnes sans avoir énormément de cellules à poser. Pour Free par exemple, une centaine d’antenne peuplent Paris quand elles sont un peu moins de 400 pour Orange qui sert aussi aux clients du premier.

Des macro cells – forte puissance – sur les toits de Paris absorbent toute la consommation mais dans certaines zones denses aux heures de pointes ou tout au long de la journée – les gares et autres lieux de passages – ne disposent plus d’une capacité efficace. Dans les zones d’ombres ? Des picocells qui permettent aux ondes de se propager d’une cellule à l’autre. “Quand les cellules 3G reçoivent de trop nombreuses demandes de connexions data, elles se contractent et émettent moins fort” précise Yann Rousse qui ajoute :

Après toutes ces années, il est regrettable que l’impératif (légal, vis-à-vis du régulateur) de couverture ne ce soit pas accompagné d’une prise en considération plus empressée de la nécessité d’accroitre la capacité du réseau 3G à absorber les pics de consommation. Même si des efforts ont été fait, le schéma initial de déploiement de la 3G a été fait avec les usages que l’on connaissait de la 2G, avec donc un principe de consommation somme toute modeste et ponctuel.

Pierre Col, auteur d’un excellent blog sur ZDNet expliquait sa mésaventure lors du salon du e-commerce Porte de Versailles. Sans réseau 3G, impossible de communiquer. Le comble pour un salon du e-commerce :

“VIParis a permis aux opérateurs mobiles d’installer des micro-cellules à l’intérieur de tous ses halls du Parc des Expositions de la Porte de Versailles. […] Selon VIParis, les opérateurs mobiles ont alors la capacité, par une intervention logicielle, d’accroître la capacité de leurs bornes, en nombre de connexions simultanées, et la bande passante sortante à destination de leur réseau. C’est ce qu’ils font, mais les réseaux arrivent rapidement à saturation tout simplement parce que les prévisions de trafic réalisées il y a quelques années sont aujourd’hui dépassées, et le nombre de bornes désormais insuffisant.”

Il aurait fallu pour que ça fonctionne : augmenter le nombre de cellules – comme dans Paris à certains endroits – ou basculer le réseau 3G des opérateurs sur le Wi-Fi de VIP Paris, ce que les opérateurs ont donc refusé.

Ajouter des cellules, oui mais, il faut pouvoir gérer politiquement et socialement l’installation de nouvelles antennes. Le problème concerne aussi bien les zones denses temporairement comme des salons ou autre grand rassemblement que les zones dans lesquelles il n’y a quasi aucune infrastructure installée. Yann Rousse explique :

Quand on est sur Spotify ou Deezer en mobile, à un moment donné, il est possible de passer en Edge, à cause d’un trou ou un problème de configuration. Les cellules ont une liste de cellules environnantes à transmettre au terminal pour une prise de relais. Quand la cellule est limitée, le terminal regarde la plus proche et un passage de relai – handover – se fait entre les deux cellules. Sauf si la seconde est elle aussi saturée.

Et, visiblement, les cellules ont à présent du mal à communiquer. Celles en cuivre – d’ancienne génération – suffisaient initialement alors qu’elles avaient à gérer 4 à 5 personnes ne surfant pas de façon synchronisée. Mais aujourd’hui, les smartphones envoient des alertes en permanence (les push de l’iPhone en sont un exemple) et ils communiquent sans cesse. Pour le spécialiste : “pour contrer la congestion, on sectorise de façon de plus en plus fine et on met des fouets de picocells attachés à une macrocell, dont le fonctionnement est différent des small cells [d’une puissance intermédiaire, NDLR] et ont cet avantage d’être connectées directement au réseau contrairement à la picocell”. Et paradoxalement, “la commercialisation de la 4G renforce ce phénomène” ajoute Yann Rousse puisque la technologie qui bénéficie des investissements des opérateurs, c’est la 4G.

Le déploiement de la 4G passe donc par l’ajout de cellules, soit nouvellement fibrées, soit sur un pylône déjà câblé en cuivre, un peu moins performant. Et en déployant la 4G, à supposer que les consommateurs se ruent sur les offres proposées par les opérateurs, la 3G devrait se décongestionner sans être améliorée. #oupas

 

Une semaine de liens #6

Quinze jours sur Twitter ne veut pas dire plus de liens à insérer dans la revue de liens. La preuve avec un résumé de ces quinze derniers jours – dans lesquels j’ai volontairement exclu toute information relative à l’affaire Leonarda et à celle de Guillaume Pley.

Point métier de #journaliste

Commençons par un lien qui a déjà beaucoup tourné : l’interview express de Gilles Bourdouleix – député-maire de Cholet -, la plus courte de sa carrière politique certainement. Saluons aussi l’enregistrement de France 3 Pays de la Loire qui permet de montrer aussi face à quoi certains journalistes sont confrontés dans leur métier. Le refus sec et efficace d’un interlocuteur. Alors est-on toujours obligé de répondre aux questions de journaliste ? Vaut-il mieux ne jamais répondre – comme ça arrive tellement souvent – à un mail envoyé comme une bouteille à la mer ?

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Une semaine de liens #5

Au programme des liens de cette semaine, non pas que le reste soit à jeter, une réflexion autour de ce que pourrait donner l’Internet sans Google pour les utilisateurs, une autre sur un témoignage en réponse à un autre témoignage, une façon de voir le monde différemment et enfin un moyen génial pour regarder des films autrement.

#Internet sans #Google

Commençons par l‘intéressante aventure de Yann Guégan chez Rue89 : une semaine sans Google, donc sans Gmail, sans Drive, sans son Agenda et sans le moteur de recherche tout court – chose pour laquelle on connaissait Google à l’origine en fait.

Petit à petit, je prends conscience de tout ce qu’il me faut débrancher : mes deux adresses e-mail (une professionnelle et une personnelle), mon agenda donc, mon carnet d’adresses… J’ai l’impression d’être dans « 2001, L’Odyssée de l’espace », quand Bowman débranche HAL, l’ordinateur de bord.

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Une semaine de liens #4

Une nouvelle semaine va commencer. En attendant, voici les liens qui ont fait Twitter de lundi à vendredi.

Domaine #public et culture(s)

Et voilà ! Apollinaire rejoint les nombreux auteurs du domaine public.

De son côté Actualitté lançait sa web-TV et la Fnac fermait son magasin à Odéon. Ouvert en 2001 et réservé à l’origine à la vente de produits numériques, ses rayons s’étaient ouverts au livre. L’entreprise prévoit de transférer les activités d’Odéon dans le nouveau centre commercial de Beaugrenelle dans le 15ème. Stratégiquement parlant, elle se rapproche davantage du commerce que du service de proximité. Supputons : alors que Saint-Michel / Odéon / Saint-Germain permettait une implantation touristique et locale, Beaugrenelle, futur temple de la conso offrira sans doute de meilleures ventes. Fin des supputations.

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Une semaine de liens #3

On vient de terminer une semaine, encore une autre.

#detoutebeauté

On commence par une série de photos de danseurs de ballet dans des situations de la vie quotidienne (via Julien Ménielle). La série ressemble à ça :

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Et la suite est par là.

#Finances

Le PLF2014 est en ligne avec en vrac : baisse du taux de TVA sur les entrées des salles de ciné, un prélèvement exceptionnel – mais néanmoins régulier visiblement puisqu’il avait déjà eu lieu l’année passée – sur le fonds de roulement du CNC, augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d’avion et modification des modalités de calcul de l’aide aux collectivités et organismes gérant des aires d’accueil des gens du voyage. Entre autres.

Pas si imbitable que ça en a l’air.

#crowdfunding

Restons dans les finances et notamment celle de la recherche scientifique avec un papier à lire sur le crowdfunding et la science – commentaires documentés et intéressants inside. (Via Antoine Blanchard)

#publicité

Deux pubs cette semaine (enfin une et une série). Celles de la Smerep d’abord.

Non seulement les pubs de la Smerep sont sexistes mais en plus elles sont plutôt mauvaises. Plainte des Chiennes de garde + ministère du droit des femmes = le jury de déontologie publicitaire en a déduit qu’elles présentaient les femmes comme « futiles, irréfléchies, sottes voire agressives« . Les hommes ne sortent pas non plus grandis. Le Monde les résume parfaitement :

« Et toi, pourquoi t’as choisi la Smerep ? » « Moi, c’est pour la meuf, mec », répond Greg, l’étudiant « tombeur », qui s’empresse de sortir du champ pour suivre une nouvelle cible féminine. « Pour faire chier ma sœur », lance June « la vénère » ; « parce que je suis parisienne », rétorque Jeanne, assise à la terrasse d’un café bobo ; « J’ai pas vraiment choisi », avoue Thomas, avachi devant sa console de jeux ; tandis que Claire, « la blonde » ingénue en petite culotte, révèle qu’elle pensait recevoir un catalogue de tee-shirts et non une carte de sécurité sociale étudiante. »

Vous avez l’essentiel. Il vous reste à visionner au moins une des pubs pour vous apercevoir qu’aucune ne relève le niveau mais qu’en plus elles ne sont vraiment pas formidables.

La deuxième publicité polémique – parmi d’autres – ? Celle de Guerlain pour la légende de Shalimar. Longue, pénible à regarder avant un film, la majeure partie des spectateurs préfère nettement regarder les fruits Oasis ou les bandes annonces et alors que la pub Shalimar survient, on se surprend à regarder son voisin ou sa voisine, le regard triste et l’oeil morne, « non, pitié, pas ça« .

Faites-vous plaisir pour ceux qui ne l’auraient pas vue :

(Et qu’on m’explique les raisons qui font que la barque sur laquelle Natalia Vodianova découvre son nouvel appartement ne bouge pas alors que la chose sort de l’eau.)

Point #numérique

Dans la catégorie numérique cette semaine, pas d’ennui en vue. D’abord, alors que la 4G débarque dans Paris (entre autres) et qu’Orange ne permet plus de se géolocaliser sans que personne ne soit en mesure de répondre aux abonnés, au salon du e-commerce (e = électronique = Internet = réseaux pour faire court) impossible de se connecter en 3G ou d’envoyer des SMS. Un peu comme aux Solidays ou autres comme le Salon du livre à cette même porte de Versailles, dès qu’il y a plus de 12 personnes réunies à un même endroit, le réseau ne tient plus. Étrange mais compte tenu de la qualité de la 3G à Paris, on attend vraiment avec impatience la 4G (#oupas).

Autre point numérique – et pas des moindres – un bug Gtalk / Hangouts qui soulève la question de par où passent nos messages (mails ou autres) et qui les reçoit. Certains utilisateurs ont en effet reçu des messages Gtalk qui ne leur étaient pas adressés. Jeudi soir à 20 heures ZDNet rapportait que Google avait identifié puis réparé le problème, sans autres explications que celle-ci. Faut-il se sentir rassuré pour autant ?

Rien à voir avec Google ou presque, un texte de Benjamin Le Reilly raconte l’histoire assez chouette d’un auteur ayant opté pour l’autoédition aux US et qui récupéré par une maison d’édition classique / traditionnelle a négocié ses droits de façon à ne vendre que ses droits papier et conserver ses droits numériques.

« Le succès massif de Howey a attiré les éditeurs, qui lui ont proposé plus d’un million de billets contre les droits des lives. L’auteur, malin, aura privilégié un chèque à six chiffres contre la conservation de ses droits numériques. C’est-à-dire que l’éditeur papier n’est plus que ça, un éditeur de papier, et toutes les recettes tirées des versions Kindle part dans les poches de l’écrivain. »

Certes le marché est différent (et bien plus grand aux US) mais cette histoire a le mérite de démontrer que le système traditionnel a plutôt intérêt à évoluer d’un point de vue contrats numériques.

#Culture

Restons dans l’univers du livre mais papier celui-ci avec La Revue dessinée dont vous avez certainement déjà entendu parler. Après un premier tirage à plus de 15.000 exemplaires, la Revue repart en imprimerie et il faudra attendre une dizaine de jours pour recevoir les commandes. Une bien belle aventure pour le moment.

Lien de la #fin

La lettre de Nadejda Tolokonnikova, l’une des Pussy Riot, est disponible ici en anglais, via Delphine Mozin.

D’ici la semaine prochaine, passez un bon week-end.

Une semaine de liens #2

Une nouvelle semaine vient de se terminer. Une autre va commencer. En attendant, c’est le moment de faire le point sur ce qui a fait une semaine de réseaux sociaux (Le choix des liens et autres articles est non-exhaustif, mais faut bien choisir).

 Point #Europe

Cette semaine, Comment l’UE définit la neutralité du Net ? Comme ça :

« l’obligation pour les fournisseurs d’accès internet [FAI] de fournir une connexion sans entrave à tous les contenus, applications ou services accédés par les utilisateurs finaux, tout en régulant l’usage des mesures de gestion de trafic par les opérateurs pour ce qui est de l’accès général à Internet. Dans le même temps, le cadre légal pour les services spécialisés [gérés] est clarifié ».

L’article est long mais peut se lire en mode zen, nouveauté – ou chose ancienne que je n’avais pas encore testée – ô combien agréable.

Du côté de la saga « Google à la Commission européenne », c’est Electronlibre qui informe que le tribunal de commerce de Paris attend la décision de la Commission européenne avant de trancher dans l’affaire qui oppose 1PlusV à Google pour abus de position dominante. À suivre donc dans un prochain épisode.

Toujours dans les couloirs de la Commission européenne, une lutte commence autour des euphorisants légaux. « Le problème des euphorisants légaux en Europe ne cesse de s’aggraver et représente un risque majeur pour les jeunes. Le marché intérieur étant dépourvu de frontières, l’UE doit adopter des règles communes pour s’attaquer à ce fléau » déclarait Viviane Reding. En parlant de frontière(s), une carte des données de la drogue est disponible par ici.

#PointLOL

Si vous n’avez pas encore regardé cette vidéo des Guignols, foncez : la marionnette de François Hollande parodie Papaoutai de Stromae avec Emploioutai.

Et aussi, au cas, la déclaration d’amour d’Autolib à Vélib :

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Point #important société

On cherche à manger des choses saines et souvent pour pas (trop) cher. On croyait grâce aux publicités de la grande distribution que c’était possible. Naïvement. Et puis on a regardé Cash Investigation de cette semaine. Qui sont les petites mains qui préparent nos légumes bios et pas chers ? À revoir ici pendant encore quelques jours.

La conclusion ?

Et pendant que Barjot accorde une interview terriblement euh … Klaire explique pourquoi elle va lui faire un don et j’ai découvert, grâce à Bembellyle blog de Ervé, qui n’est pas né SDF mais qui l’est devenu.

Point #nucléaire

Le CEA vend une partie de sa participation dans le capital d’Areva pendant qu’une proposition de loi visant à renforcer les conditions d’accès aux installations nucléaires de base (INB) a été déposée. Sur fond de conférence environnementale :

Point #questionnaires et #listes

La bonne nouvelle de la semaine : pour certains (dont moi, certes), vous avez répondu aux questions de Génération quoi au moment de son lancement en version bêta en juillet dernier. Et bien on y est :

Joie pour ceux qui vont répondre aux questions nombreuses, dans un environnement graphique réussi.

Autre sujet, autre étude et c’est l’OBSWeb qui s’y colle avec un questionnaire sur l’usage des réseaux sociaux pour suivre et partager l’information. Rapide et efficace, y répondre c’est essayer de comprendre cet usage, par qui et pourquoi.

Aussi après avoir constitué une liste Twitter des 261 comptes à suivre, Erwann Gaucher a gentiment compilé les 25 blogs incontournables de la rentrée. Inspiration à prendre ici et là dans cette liste de sites francophones ou pas, avec pour ma part un coup de coeur pour le blog Making of de l’AFP.

#Vidéo de la semaine

Et on termine avec la vidéo de la semaine. Sans commentaire.

Une nouvelle semaine peut commencer.

Une semaine de liens #1

On rembobine la semaine, parce que parfois prendre du recul c’est important. Et ça fait donc une nouvelle rubrique ici.

On a bien commencé la semaine, avouons-le : 11 millions d’euros pour l’UMP. Et visiblement ce n’est pas terminé pour le parti qui accuse le coup des autres dettes – en sus des 11 millions donc. Libé s’en fait l’écho. 

#La semaine numérique

Pendant que la 4G semble débarquer, notamment à Paris, un abonné SFR s’est mis en grève de la faim :

« Le septuagénaire, résidant à Maisières Notre-Dame dans le Doubs (près d’Ornans), est privé de sa connexion internet SFR depuis le 23 juillet dernier. Après de multiples appels à la hotline de l’opérateur et un rendez-vous non honoré, cet abonné s’est mis en grève de la faim ce lundi. »

  Soyons rassurés, le retraité a retrouvé une connexion le 6 septembre et a recommencé à manger. Merci les médias. Taz is Geek a déniché une notice de Minitel.

 

Et dans la série interminable « Google à Bruxelles-ton-univers-impitoyable »le géant de la pub Internet a fait de nouvelles propositions que la Commission est en train d’examiner. On leur souhaite de trouver un accord. Un jour.

#Fiscalité

Google -> impôts, je n’y peux rien : association d’idées. Pendant que bon nombre de médias demandent aux contribuables « et vos impôts alors, ça vous fait quoi ? » – Julia, assistante de direction, 2500 euros sans jamais payer d’impôts, dévoile les coins et recoins de son porte-monnaie sur Rue89. En substance, la propriétaire de 36 ans place son argent et s’arrange pour utiliser les niches fiscales, encouragée par Facebook qui ne déclare que 2,5 % de son chiffre d’affaire en France

« Il n’y a pas d’objectif concret, c’est une façon de vivre. Je ne veux plus jamais payer d’impôts, j’en ai trop payé, cela n’arrivera plus. »

 

Sur Twitter, les réactions divergent mais beaucoup s’irritent de la position de la jeune femme : 36 ans, célibataire et sans enfant, elle dépense donc 93 euros par mois en ticket resto pour manger matin, midi et soir. Économies, économies.

Pour rester dans la fiscalité – c’est un peu mon dada depuis plus de deux ans – Arte a diffusé un excellent documentaire sur le plus grand fléau du siècle, à voir pendant encore quelques jours. Ça s’appelle « Evasion fiscale : le hold-up du siècle » et il est aussi bon que le Cash Investigation de la saison dernière. Entre le Delaware et les Caïmans, le coeur des nombreux évadés fiscaux balance. Aidez-les à choisir.

#Médias

Mardi, c’était le lancement de la version bêta de Contexte, le « journal des politiques publiques françaises et européennes« . Numérique, énergie, lobbying et budget pour les thématiques de cette semaine. Sortie de la version définitive prévue le 15 novembre, à suivre.

Sinon, Cash Investigation, le très bon magazine (?) a bien démarré pour la rentrée.

Et Libé qui vient de sortir sa version Libé week-end et une refonte totale de son site, plutôt réussie, explique par la voix de Fabrice Rousselot dans Télérama que tout n’est pas fini et que la presse peut s’en sortir :

« Et puis il y a deux facteurs encourageants qui prouvent qu’il y a toujours beaucoup d’appétit pour les infos. Le premier, c’est que dans la presse comme dans la musique et d’autres secteurs, la génération qui téléchargeait est prête à payer 10 euros pour s’offrir un abonnement à Spotify ou consulter un média. Le second, c’est une étude américaine du Pew Research Center qui montre que les 25-40 ans reviennent au papier le week-end, en prenant plus de temps. »

 

En un mot – ou plus – : se fondre dans le flux oui, mais prendre le temps de prendre le temps c’est bien aussi.

#LOL-culture

Sans commentaire.

 

Du côté « culture », si pour La Bande sonore, j’ai interviewé Girls in Hawaii – papier à venir – et tourné avec Diane Roudeix une session acoustique du québécois Peter Peter qui devrait faire parler de lui en France – les images sont en cours de montage – vous ne pouvez passer à côté de cet album de duo virtuel :

Et la vidéo de la semaine : Les Gobelins présentent Annie, un film d’étudiants. L’animation française a encore de beaux jours devant elle.

Bon week-end ! Et merci à Twitter : dans le prochain épisode, il y aura un merci pour chacune des sources, ce qui n’est pas le cas là aujourd’hui.

S’aimer et se séparer

On avait rêvé toutes les deux que tu puisses lire mon plus beau roman, le dernier après les précédents. On avait rêvé qu’il parlerait de la mer, on en avait souri là sur ton canapé, on était trois, toutes liées à la même chose, une sorte de désir de vivre et de rire ensemble, affronter les courants, le vent et les embruns qui couvrait nos visages à chaque échappée belle. On pensait qu’on était invincible, que rien ne pouvait nous arriver. On aimait ces galettes sur le port et on partageait nos parts de gâteaux en marchant toutes les trois sur le bord de plage désertée par les rares touristes d’été, on chantait à tue-tête dans la voiture familiale. On avait la vingtaine et on en avait vécu le double peut-être.

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